PAUL K

Photographe professionnel, Paul k va réaliser des photos de reportage et des photos industrielles pendant 30 ans. Arrivé à une maîtrise technique, fruit d’une longue recherche. Paul K décide de se consacrer pendant 2 ans à la réalisation de photos d’art articulées autour d’un travail de lumière particulière, au fil de rencontres qu’il provoque et qui le nourrissent. Ainsi naîtra sa série Light ! Camera ! Classic !
La lumière est une obsession qui remonte à l'enfance. Découvrant un tableau du Caravage, il est envoûté par la puissance de la lumière qui s’en dégage et il rêve de pouvoir la capturer. Des années plus tard, sa quête est toujours la même: celle d'un "visible" qui n'appartient qu'à lui et qui implique de se détacher d'une partie de la réalité.
Ce fameux "clair-obscur" présent dans ses œuvres photographiques, il l'a aussi longuement observé chez le peintre Latour. Il aime sa complexité, ses nuances. Plus tard, il est fasciné par l’éclairage de chefs d’œuvres du cinéma qu'il chérit plus que tout: « Métropolis » de Fritz Lang, “Tant qu'il y aura des Hommes » de Fred Zinnemann, « La Belle et la Bête » de Christophe Gans, « Barry Lindon » de Stanley Kubrick... A son tour, il décide de créer « sa » lumière dans ses photos. Le clair-obscur s’impose alors à lui, comme une évidence, le plus court chemin vers cette quête d'un visible sublimé.
Capturées dans des ateliers et de vieux garages, des lieux aussi désaffectés qu'improbables, des véhicules de collection choisis par Paul K se partagent la vedette avec leurs propriétaires, les personnages de son film. Un film qu'il construit avec une minutie rare. Côté lumière, le photographe se fait, une fois encore, "son cinéma" avec un éclairage très spécifique emprunté lui aussi au passé.
A la manière d'un metteur en scène, Paul K fait entrer ses modèles dans son histoire pour, au final, créer une sorte d'autoportrait détourné. De photo en photo, sa quête est identique: Repousser les limites de la lumière et atteindre ce moment de grâce, inclassable dans le temps.
Au moment où Paul K appuie sur le déclencheur, il a déjà basculé dans la photo suivante. Le cliché idéal est toujours le prochain, celui qu'il n'a pas encore imaginé. Celui qui va l'obliger à se dépasser sans se brûler les ailes. Car si l'image devient trop technique, elle n'a plus de raison d'être. Cultiver l'inattendu reste donc sa priorité. Son objectif: transporter celui qui découvre son image au point de lui faire oublier la réalité. Une seconde seulement... C'est gagné.